Les histoires de l'âme

Cet artiste français transfère les chefs-d’œuvre des peintres serbes SUR LES BÂTIMENTS de Belgrade

L’artiste français Julien de Casabianca (47) voyage sans cesse, ce qu’il avoue dans son interview pour Les Histoires de l’âme en soulignant qu’il ne revient en France que pour les vacances.

Il est dans le monde de l’art depuis quinze ans, il a travaillé dans les domaines du film et de la chorégraphie. Depuis trois ans, il consacre son temps à Outings project, installation participative de street art.

Il a visité 80 villes où il a « sorti » les œuvres du musée dans la rue afin de les rendre accessibles à tous les habitants qui ne peuvent pas aller au musée ou n’ont pas le temps de le faire. Il a voyagé en Europe, mais aussi au Japon, au Vietnam, à Hong Kong, en Colombie, au Mexique, aux États-Unis.

Il est arrivé en Serbie à l’invitation de l’Institut français de Belgrade. Il a proposé des ateliers en collaboration avec la Galerie de Matica Srpska (Novi Sad) et la municipalité de Palilula (Belgrade).

Vingt et une personnes, moi compris, ont été invitées à venir à la Galerie de Matica Srpska. Avec la conservatrice Jelena Ognjanović, qui nous a parlé des tableaux des peintres célèbres, nous avons choisi les ouvrages qui nous ont impressionnés le plus à première vue.

Chacun a choisi soit une œuvre soit une partie d’une œuvre que Julien a ensuite photographiée pour l’imprimer le lendemain en grand format sur un papier fin en utilisant un procédé particulier.

Il était important de choisir des œuvres créées avant 1957, car, selon l’artiste, ce n’est qu’après 60 ans que l’on a le droit d’exploiter une œuvre de cette manière.

Trois jours plus tard, nous nous sommes réunis de nouveau, cette fois-là les ciseaux à la main, et nous avons découpé les œuvres qui nous ont touchés.

Nous avons visité 20 bâtiments dans la municipalité de Palilula, et en compagnie de l’artiste, nous avons collé les œuvres sur les murs des bâtiments désignés ; l’attachée culturelle de l’Institut Français, Mme Anne-Lorraine Vigoureux, a collé l’image d’un coq, symbole de France, sur le bâtiment de l’Institut français dans le centre-ville.

Julien a également créé un grand mural de 15×7 mètres environ, situé 128 Boulevard de Despot Stefan.

Avec l’opportunité de contribuer au street art de ma ville à travers mon choix du tableau d’Uroš Predić St Dimitrije, j’ai eu l’occasion de faire une interview avec l’artiste.

« Il s’agit toujours d’un choix personnel qui sert à présenter un tableau en dehors du musée. C’est à vous de choisir l’œuvre qui sera présentée aux autres. C’est à vous de découper le papier et de le coller. Je ne fais qu’observer à côté. », m’explique-t-il.

La meilleure partie des ateliers qu’il organise dans le monde entier arrive une fois que l’image est collée. Il précise que c’est à ce moment-là que l’on comprend le tableau, que le tableau envoie un beau message et le partage avec les passants.

Il a commencé à réaliser son idée suite à sa première rencontre avec Mlle Rivière qui figure sur un tableau d’Ingres, dans le coin d’une salle à Louvre.

« Elle était belle. Elle avait l’air perdu et malheureux, entourée d’autres grands tableaux. J’ai eu la volonté chevaleresque de la réveiller et la libérer de son cadre et du musée. »

Lors de ses ateliers, il encourage les gens à avoir une meilleure connaissance des collections de leurs musées. Belgrade et Novi Sad ont réussi le test, c’est à vous maintenant de trouver la reine Marija Karađorđević, St Nicolas, Đura Jakšić, La Jeune fille au canari, ou Prince Lazar sur les murs des bâtiments qui étaient ordinaires auparavant. Ils portent désormais un nouvel habit.

Texte et photographies: Nenad Blagojević www.leshistoiresdelame.com (diffusion autorisée à condition de partager le lien vers le site www.leshistoiresdelame.com )

Traduit du serbe par Jovana Milovanović

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