Les histoires de l'âme

Cette ARTISTE PARISIENNE a dédié une exposition inhabituelle à un POÈTE SERBE renommé

Que l’exposition dans la maison du Roi Petar I à Belgrade est imprégnée de quelque chose d’inexplicable a d’abord prouvé la tentative de traduire la couleur violette dominant l’espace en photographie pour mon site: mon appareil photo montrait sans succès un bleu foncé, comme vous pouvez constater sur les photographies dans le texte.

C’est Yarmila Rous Vešović, auteure de l’installation « Constellations inconnues » dédiée à l’œuvre de Vladislav Petković Dis, poète serbe pour lequel de délicats sentiments la lient, qui m’a démystifié mon échec.

J’ai fait la connaissance de cette célèbre peintre et graphiste, lauréate du prix de peinture du Salon d’Octobre, à l’occasion de la réception du 14 juillet à l’Ambassade de France à Belgrade.

À l’époque, et durant l’interview, elle a eu sur soi un recueil de poèmes de V. P. Dis ; ça fait des années que ses vers lui font plaisir entre les paumes.

« Dis était un romantique, un élégiaque, un poète mélancolique, c’est ce qui m’a poussée à choisir le violet car il suggère davantage les sphères supérieures de conscience, d’émotion, même de mort, et une sorte de réconciliation avec le destin et la vie. Beaucoup de fleurs sèches, d’immortelles des sables, ça c’est une illustration de ses poèmes. », m’a-t-elle expliqué le concept.

Elle a dédié sept de ses poèmes à trois chambres au rez-de-chaussée de la maison du Roi Petar I.

« Ce monde entre mots et image se déroule comme un genre de synthèse, d’unité entre la matière de la pensée et le mot. Chaque bon poème est en même temps une belle peinture, Léonard de Vinci dira ainsi que la peinture est une poésie qui se voit. Le contenu des expositions et de mon travail consiste à m’appuyer sur les beaux mots pour créer une installation, peindre une peinture. Ces formes sont volumineuses et agressives en quelque sorte, mais sont représentées dans des tons bien lumineux qui, eux, sont représentés de la même manière sur les petits formats, comme une espèce de contraste, ce qui ne veut pas dire que les petites formes ne sont pas aussi présentes que les grandes. », a-t-elle dit en ajoutant:

« Chez Dis la mort est très présente et forte, le vent qui pousse l’air par le rideau et qui donne un air de magie au matin. Cette atmosphère dans les poèmes de Dis m’était chère et proche, et une grande source d’inspiration. »

Cette année marque le centenaire de la disparition de Dis sur le bateau qui le menait en France pour les fins d’un traitement médical. Yarmila y voit une symbolique et avoue qu’elle ignorait ce fait pendant qu’elle concevait l’exposition.

Ses peintures ont voyagé dans des maisons et institutions culturelles partout dans le monde.

« L’artiste est très isolé, personne n’aime les artistes aujourd’hui, et leur destin est dur et imprévisible. Mais, quand on vous aperçoit dans cette multitude d’artistes et d’œuvres, et en plus à Paris, alors je vois que je ne suis pas seule et que je suis sur la bonne voie. », reste-t-elle sincère.

Yarmila travaille dans un atelier que la ville de Paris lui a offert, au 16ième étage d’un bâtiment qui donne sur Montmartre et le Panthéon, et c’est là aussi que cette exposition est née.

Lauréate de plusieurs prix en France, elle l’a représentée à un des grands biennaux internationaux du graphisme en Corée du Sud. Elle a également écrit un recueil de poèmes en français.

Elle a eu son diplôme et sa maîtrise de la peinture à la Faculté des beaux-arts à Belgrade en 1982. De 1986 à 1990 elle s’est inscrite en spécialisation à l’École nationale supérieure des beaux-arts à Paris en tant que boursière du gouvernement français.

Je lui ai demandé si la Serbie ou le Monténégro, son pays natal, lui manquent.

« Je porte les Balkans en moi, ils ne doivent pas me manquer beaucoup car ils sont là. C’est un impératif que l’artiste ne se sépare de son œuvre, et mon atelier est là où est mon appartement. Il m’importe que, dès que j’ouvre les yeux, je puisse travailler. N’importe où l’artiste se trouve, il doit rester ce qu’il est, je suis ce que je suis et à Belgrade et à Paris. C’est ce qui m’est le plus cher, que je ne perde pas le lien avec mon origine et qu’à Paris je suis quelqu’un qui y appartient. », m’a expliqué Yarmila.

Texte et photographies: Nenad Blagojević www.leshistoiresdelame.com (diffusion autorisée à condition de partager le lien vers le site www.leshistoiresdelame.com )

Traduit du serbe par Igor Ilić

 

 

 

 

 

 

 

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