Les histoires de l'âme

Changer la Réunion chaude pour LILLE FROID: Le vin blanc chaud et LA MUSIQUE BALKANIQUE

Réunion: 30° C.

Atterrissage à Paris-Charles de Gaulle.

TGV.

Lille: 0° C.

La mère de mon amie Laure, Bénédicte, m’a attendu à la gare et m’a donné l’écharpe rouge de sa fille sur le champ pour m’atténuer le changement de température. Nous avons parlé de Serbie, elle l’a visitée une fois, et j’étais tellement ravi de voir dans sa bibliothèque Le pont sur la Drina d’Ivo Andrić.

Leur maison est située dans le centre-ville, près de la gare; ICI vous pouvez voir l’appartement à l’étage où j’étais logé.

Chaque soir elle préparait des plats inaccoutumés, et la dégustation du fromage plus un gâteau à la fin étaient obligatoires.

La vie tranquille, l’après-midi avec un café ou un thé et un bon livre, la musique agréable que toute la famille adore et la télé de temps en temps, tout cela me donne l’image d’un monde différent par rapport au nôtre dans les Balkans.

La proximité de Belgique se traduit par l’architecture et la gastronomie différentes. Le premier soir, au marché de Noël, je me suis réchauffé à l’aide du vin blanc chaud ! Les Français avec lesquels j’ai parlé m’ont dit pour ce « phénomène » qu’il s’agit d’une coutume belge et qu’eux, ils boivent du vin blanc froid. On vendait la bière chaude aussi, mais ça ne m’a pas trop attiré.

J’ai fait une visite de Lille en bus touristique et me suis inscrit à une visite du Vieux-Lille. J’ai vite quitté le groupe parce que le guide parlait trop bas, et les informations concernaient plutôt l’histoire, et étaient plutôt destinés aux habitants.

Bénédicte m’a donné plein de belles recommandations, tout d’abord des galeries et des musées vu qu’elle est âme d’artiste.

Le célèbre Palais des Beaux-arts de Lille du 18ème siècle est le plus grand palais des beaux-arts hors Paris avec une collection de 70.000 œuvres. J’y ai passé une moitié du jour en côtoyant des œuvres d’art de 2300 av. J.-C. à Monnet, Rubens, Van Gogh, Renoir, Le Greco. Une merveille pour les yeux.

Je me suis ensuite rendu au Musée de l’Hospice Comtesse, à l’exposition de peintures de Safet Zec, peintre bosniaque reconnu, qui s’est réfugié en Italie pendant la guerre. Il est né à Rogatica, et a étudié et vécu à Belgrade et Sarajevo. Je ne peux pas me passer de Yougoslavie, me suis-je dit en contemplant ses magnifiques peintures, empreintes de tristesse, de portes de Sarajevo ou de gondoles de Venise.

Lille offre un éventail de sites attirants dans le domaine de l’art, de la biologie, de l’histoire et da la tradition – la Maison natale de Charles de Gaulle, le Musée des moulins, le Musée du terroir, le Musée de la poupée et du jouet ancien, des parcs et des villas…

Vous pouvez acheter le City pass pour un accès gratuit aux transports en commun et aux musées dans l’Office de tourisme de Lille. Le pass 24h coûte 25 euros, le pass 48h 35 euros, et le pass 72h 45 euros.

Ma connaissance Louise, professeur d’une commune avoisinante, qui avait déjà visité Belgrade, était heureuse de m’accueillir. Nous avons goûté « les merveilleux », meringues franco-belges, mais avant ça les moules-frites.

Les moules sont laissées dans la casserole et vous vous en servez et mangez avec des frites et du pain. J’en ai tellement mangé que je n’ai pas pu dîner avec Bénédicte. Ça a l’air léger, mais c’est très calorique. Et si vous prenez une bière…

À quelques stations de métro depuis le centre-ville se trouve le marché qu’on dit une aventure à part. Wazemmes ! Ça ressemble à un marché aux puces, mais avec beaucoup de stands avec les fruits, les légumes et la nourriture préparée sur place. J’ai remarqué des gens de l’Afrique et du Proche-Orient qui mènent une vie différente que les gens du centre-ville.

Tout est moins cher, alors j’ai acheté des souvenirs et des cookies. J’ai goûté des plats cuits dans la rue. J’ai payé 1 euro pour un paquet de gaufres au sucre, alors que dans le centre-ville on payait le même prix pour une seule gaufre.

De retour à la place principale, j’ai entendu un musicien de rue chanter une chanson que j’ai connu dans l’enfance, Da volim drugu ne mogu, du chanteur serbe de musique traditionnelle Marinko Rokvić. La performance était moderne, et quand je l’ai approché pour lui donner la pièce il m’a dit qu’il était originaire de Roumanie.

J’ai ri et pensé que je pouvais ‘fuir’ la Serbie, mais elle ne me fuyait pas. Marinko Rokvić m’a poursuivi jusqu’au nord même de la France.

Texte et photographies: Nenad Blagojević www.leshistoiresdelame.com (diffusion autorisée à condition de partager le lien vers le site www.leshistoiresdelame.com )

Traduit du serbe par Igor Ilić

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