Les histoires de l'âme

Comme à la maison: Dans cette ville française, ON SE FAIT TROIS BISES

Je n’oublierai jamais le vent particulièrement fort qui m’a accueilli à l’aéroport de Montpellier ou le fait que je n’avais pas apporté le chapeau que je porte en Serbie quand je veux avoir un air français. C’était naïf de penser qu’il fait toujours chaud au sud, même au mois de mars.

Karine, une Française d’origine italienne, a offert de venir me chercher à l’aéroport, ce qui a annoncé l’hospitalité du Sud. J’ai loué une chambre à 20 euros sur AirBNB.

En la saluant, j’ai voulu m’arrêter à deux bises, mais je me suis rappelé que les Français de cette région se font trois bises, comme les Serbes!

Pour le petit déjeuner, j’étais toujours ravi de prendre la confiture d’oranges (avec peau) ou d’abricot fait maison. C’était aussi la première fois que j’ai goûté la crème de marrons.

Karine m’a informé qu’en France, le gâteau au yaourt est le plus simple à préparer, voilà pourquoi les mères le font souvent pour leurs petits quand elles manquent de temps.

J’ai pris un verre de son eau-de-vie de verveine, et elle a pris un verre de la rakija de poire serbe.

Elle a regardé le ciel et m’a dit qu’il y aurait un orage qui peut provoquer les inondations. Plusieurs fois par an, il y a des orages à Montpellier qui engendrent des pluies fortes. Le centre-ville reste inondé parce que l’eau ne se retire pas vers la mer. Elle m’a montré quelques photos des voitures inondées.

Il ventait toute la nuit, mais le matin, le ciel s’est dégagé et j’ai décidé de me promener un peu. Sur le plan, le centre historique de Montpellier a la forme d’un écusson ancien qui délimite aujourd’hui la zone piétonne.

« C’est la ville de la comédie », ai-je pensé en remarquant la Pharmacie de la Comédie, le Tabac de l’Opéra Comédie, la Galerie de la Comédie, l’auto-école de la Comédie, la Crêperie de la Comédie.

Et bien sûr, la place principale est la Place de la Comédie !

Il ne faut pas oublier la Fontaine des Trois Grâces, l’Opéra et les ruelles où on est encouragé de se ballader et faire du shopping.

Le premier jour, j’ai eu le plaisir de savourer un plat que Karine m’avait suggéré, la seiche a la plancha avec sauce aïoli. Ensuite, j’ai pris un gâteau au chocolat et du café. J’ai compris pourquoi les Français travaillent 7 heures et prennent la pause d’une heure.

J’avais été contacté sur Facebook par Ivana Radić Jean de Velika Plana (Serbie), une de mes lecteurs, qui est mariée à Daniel (un Haïtien-Dominicain). Daniel travaille en République dominicaine. Ivana m’a invité à une soirée internationnale, et elle est venue avec leur fille Paula.

Une Française a amené un hors d’œuvre, un Éthiopien a préparé une spécialité nommée indjera, Ivana a fait du bœuf aux haricots et au riz façon Caraïbes, alors qu’une Américaine a amené la Pecan pie américaine.

Je n’ai rien préparé, mais on a trinqué avec du rhum Barcelo versé dans des petites bouteilles serbes qui s’appellent čokanjčići.

J’ai rencontré un autre serbe en achetant une puce téléphonique. Il s’appelle Nikola Bradić, il est d’origine serbe, et il m’a expliqué en français que son grand-père avait déménagé en France.

Je lui ai lassé ma carte de visite et j’ai offert d’être son guide en Serbie. Au lieu de payer pour la publicité, simplement, je part en France chercher des Français moi-même.

Je suis venu jusqu’à l’Antigone, quartier des années 80 inspiré par l’architecture de la Grèce antique.

J’ai également visité l’Arc de triomphe (La Porte du Peyrou) qui date de 1961. Il est consacré au Louis XIV, sa statue est située dans le parc à côté. Dans le même quartier, on peut voir la plus ancienne faculté de médecine de toute la France, et le Jardin des plantes (fermé ce jour-là à cause du vent).

J’ai rencontré un autre Luis, mon hôte sur couchsurfing. Il travaille dans la construction des routes. C’est grâce à lui que j’ai goûté la meilleure pizza à Montpellier, dans un petit restaurant ouvert par un Italien.

Comme je voyage avec le couchsurfing de plus en plus souvent, j’entends beaucoup d’histoires de rupture après des longues relations. J’ai l’impression qu’on guérit mieux en parlant avec les étrangers.

Avant de partir pour Sète, j’ai laissé les clés dans la boîte aux lettres parce que mon hôte était parti au travail. Il m’a tout de même laissé un message : « Le monde est petit, on se croisera un jour. Je ferais moi-aussi des voyages bientôt. »

Je suis convaincu qu’aucun hôtel ne peut remplacer le couchsurfing.

Texte et photographies: Nenad Blagojević www.leshistoiresdelame.com (diffusion autorisée à condition de partager le lien vers le site www.leshistoiresdelame.com )

Traduit du serbe par Jovana Milovanović

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