Les histoires de l'âme

Comment UNE FAMILLE SERBE m’a accueilli à la Réunion AVEC DE LA GIBANICA

Lisant mes récits de voyage, Marta a remarqué que j’avais visité la Réunion en 2012 ; elle m’a envoyé un mail, suite auquel nous avons bu un café ensemble à Belgrade. « Nous habitons dans une maison spacieuse, nous aurions une chambre pour toi, ça te dirait de venir pour quelques jours ? », m’ont suggéré les Stojanović, et moi, j’ai accepté volontiers l’invitation.

J’ai trouvé un billet d’avion bon marché depuis Antananarivo à Saint-Denis et, au lieu d’aller à Paris avec mes collègues après les Assises de la presse francophone, j’ai enchaîné le voyage à cette île française.

Travaillant dans une entreprise connue mondialement, Marta et Boban vivent à la Réunion avec leurs jumeaux depuis 2015. Les garçons vont à l’école primaire, parlent français couramment et restent un peu exotiques à leurs amis et profs. Beaucoup pensent toujours qu’ils sont des « jumeaux russes ou polonais ».

Durant mon séjour les parents de Marta venant de Niš, une ville du sud de la Serbie, étaient là aussi, et ça les contentait beaucoup de savoir qu’il neigeait en Serbie alors qu’ils étaient à la plage ! Un autre membre de la famille est le chien Laki, qui me réveillait chaque matin.

Lors de l’atterrissage à l’aéroport Roland Garros il faisait plus chaud qu’à Madagascar, les miss France sont arrivées à la même heure, et les prix incomparablement plus hauts m’ont vidé le porte-monnaie. Néanmoins, j’ai pu boire l’eau du robinet, il n’y avait pas de moustiques vecteurs du paludisme ni de maladies comme à Madagascar, mais bon… tout vient avec un prix.

Bien qu’on promeuve le tourisme à la Réunion, les autochtones ne parlent presque pas du tout anglais. Le transport en commun était également une mauvaise surprise. Le Car jaune depuis l’aéroport part toutes les deux heures, et les lignes de bus à Saint-Denis circulent toutes les vingt minutes. Il n’y a personne dans la rue à qui vous demanderiez conseil car presque chacun y conduit.

Au moment où j’ai loué une chambre pour 28 euros avec une vue formidable sur l’océan d’un couple marié, je leur ai dit, plein de confiance : « À ce soir après le spectacle théâtral ! » – pour lequel j’avais reçu l’invitation à Belgrade, mais ce sera le thème d’un tout autre texte.

Ils ont ri et répondu que les transports circulent jusqu’à 19:40 seulement ! J’ai été surpris car à Belgrade je prends les bus de nuit régulièrement. Heureusement, ils étaient très gentils et m’ont conduit.

J’ai entendu dire que le taxi à la Réunion est le plus cher au monde ! Je crois qu’un aller de l’aéroport au centre-ville coûterait au moins 100 euros.

Ma première fois en transport en commun a été très stressante à cause des agents de contrôle qui ont bloqué le trafic à l’aide de la police afin de donner des amendes aux jeunes Créoles qui contestaient, mais n’avaient pas payé le ticket.

J’ai eu l’impression qu’on vit bien à la Réunion : l’océan est tout autour de vous, il n’y a pas de stress ni de hâte, et la paix sociale est évidemment maintenue grâce aux dons depuis la Métropole. Une amie à moi m’a dit qu’elle avait vu son salaire augmenter de 20 pourcents après avoir déménagé à la Réunion, ce qui peut suffire comme motivation pour venir à l’autre bout du monde.

À Saint-Denis, à côte de l’océan, près du monument à Roland Garros, un plat avec une bière dans les cabanes proposant la nourriture créole coûte moins de 10 euros. Dans d’autres restaurants une portion de poisson ou de viande avec du riz coûte environ 20 euros. Sur les plages un café coûte jusqu’à 3 euros. Tout est plus cher par rapport à la Métropole.

Le meilleur guide touristique de la Réunion est Nicolas Barniche. Cette fois-là c’était entre collègues, nous avons passé une journée ensemble – il m’a fait découvrir un village créole – et avons échangé des expériences professionnelles.

Comme en 2012, parler des heures avec lui n’a fait que me montrer l’importance de la manière de penser, et non du lieu qu’on habite. Si vous souhaitez aller à la Réunion, appelez Nikola, que vous parlez français ou anglais. Son site est ICI.

Et pourquoi est-ce important d’avoir un chauffeur autochtone dans des virages dangereux ? Trouvez la réponse ICI.

Marta était une excellente compagne de voyage de sorte que chaque matin elle laissait ses enfants à l’école et nous allions prendre un café-croissant.

Je n’ai vu Boban que deux fois parce qu’il était en déplacement professionnel à l’île de Mayotte, mais ça m’a suffi pour faire connaissance de ces gens polis.

Pour une soirée la mère de Marta a cuisiné la gibanica – un mets serbe pour lequel elle a apporté des feuilles de brick de Niš, et Marta nous a préparé du poulet au curry. C’était délicieux et sympathique de goûter à ce plat préparé à la serbe, avec plus de viande que du riz.

Et moi, je leur ai préparé une surprise. Ça faisait un certain temps déjà qu’un Créole, comme si Dieu même l’avait dirigé vers moi, m’avait contacté pour me dire qu’il y a encore une fille serbe sur l’île !

Milica Veličković m’a dit qu’elle aussi venait de Niš, qu’elle habitait Réunion depuis 2011, qu’elle travaillait comme architecte et qu’elle logeait à 50 kilomètres plus loin seulement !

Elle m’a raconté que beaucoup de temps avait écoulé depuis la dernière fois qu’elle avait vu un/une Serbe. Riant, mangeant et parlant des écoles et du lycée que tous les trois fréquentaient, nous nous sommes assis à un bar.

J’ai dit en plaisantant que ma mission était accomplie et qu’en réalité, au lieu de venir en vacances, j’ai été envoyé de Belgrade pour lier les trois habitants de Niš à travers Les histoires de l’âme.

Je suis rentré en Serbie, et j’espère bien qu’ils boiront un verre ensemble encore une fois.

L’île où on paye UNE AMENDE SI ON SE BAIGNE dans l’océan

Texte et photographies: Nenad Blagojević www.leshistoiresdelame.com (diffusion autorisée à condition de partager le lien vers le site www.leshistoiresdelame.com )

Traduit du serbe par Igor Ilić

 

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