Les histoires de l'âme

Elle a appris son métier chez les artisans célèbres et aujourd’hui, elle fabrique des VIOLONS en Italie

« Bonjour, Nenad, merci pour votre invitation. Je vous réponds de Crémone, je suis dans mon atelier et je suis en train d’écouter des cigales chanter dans mon jardin. J’ai l’impression d’être sur la côte méditerranéenne. » Voilà la réponse d’Aleksandra Radonić, artiste d’origine serbe qui vit actuellement à Crémone (Italie) où elle construit des violons, fait de la photographie et crée son art.

Un jour, elle a été invitée à faire des expositions dans les galeries de plusieurs villes italiennes, et entre autres à Crémone. Elle a fait de nombreuses expositions depuis, mais c’est cette ville qui a « renfermé » Aleksandra entre ses murs anciens et qui lui a permis de découvrir le monde particulier du violon.

Amatrice du violon dès son enfance, elle a compris que l’invitation à venir à Crémone n’était pas arrivée par hasard. Elle est née à Pančevo, et elle en garde beaucoup de souvenirs, surtout de la chaleur de Banat, de la plaine infinie et des couchers du Soleil merveilleux.

« Mes amis serbes me manquent. Rien ne peut remplacer nos conversations sincères et leur volonté à toujours faire des choses. Les gens en Serbie sont encore amoureux de la vie » explique Aleksandra pour les Histoires de l’âme.

Crémone est la ville natale d’Antonio Stradivari, située à 90 kilomètres de Milan. Environ 300 luthiers travaillent à Crémone, il y a un Musée du violon aussi, donc tout est sous le signe de violon.

Aleksandra n’est pas la seule femme dans ce métier, il y a des luthières du Japon, Taïwan et de la Corée. Rares sont celles qui travaillent toutes seules.

J’ai demandé à Aleksandra si elle travaille chaque jour.

« Ce n’est pas possible parce que pour moi, il ne s’agit pas seulement d’un processus mécanique, il faut de l’inspiration aussi. J’ai besoin d’un équilibre personnel. Souvent, en travaillant, j’écoute de la musique classique. Ces morceaux font travailler mon imagination et ma créativité. Mon atelier se trouve devant la plus grande et la plus belle cathédrale de la ville, dans le vieux quartier piéton, ça contribue à l’atmosphère au travail. », m’explique-t-elle.

Elle a appris l’art de la photographie et la vidéo toute seule. Par contre, elle a appris le métier de luthier du luthier italien Valerio Ferron.

« Ce sont deux mondes à part. Le métier de luthier s’apprend au cours de la vie parce que nous travaillons avec une chose vivante. Même quand on finit un violon, il continue de se développer. C’est magique. », avoue-t-elle.

Ses parents lui ont raconté des histoires sur son grand-père qui fabriquait des instruments aux alentours de Prilep (Macédoine), mais qui est malheureusement mort avant sa naissance.

« L’histoire du grand-père extraordinaire, musicien et luthier, avait un air mystérieux parce que le reste de notre famille n’arrivait pas à le comprendre. Il aimait être seul, se mettre sous un vieux poirier et jouer de la cornemuse ou de la tambura. »

« On peut passer entre 5 mois et 3 ou 4 ans à faire un violon (il m’a fallu 4 ans pour faire mon premier) ! Sa naissance commence avec le choix du bois d’érable utilisé pour le dos, la tête et la manche. Je choisis toujours de l’érable le plus difficile à trouver, parce qu’il est le seul à avoir la texture unique qui donne un caractère particulier au violon. Une fois le morceau de bois idéal trouvé, je me mets au travail. »

Est-ce qu’Aleksandra a réalisé ses rêves ou est-elle encore en train de le faire ?

« Je suis encore en train de réaliser mes rêves. Si la vie est un rêve, ce que plusieurs écrivains ont écrit, alors tout ce que je veux, c’est de ne pas me réveiller. », constate Aleksandra et envoie des bisous de Crémone à mes lecteurs des quatre coins du monde.

Texte: Nenad Blagojević www.leshistoiresdelame.com (diffusion autorisée à condition de partager le lien vers le site www.leshistoiresdelame.com )

Photographies: Aleksandra Radonich

Traduit du serbe par Jovana Milovanović

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