Les histoires de l'âme

Elle a dédié toute sa vie à CETTE FLEUR DIVINE et a même créé la MAISON DE LA VIOLETTE

J’étais informé que Toulouse est la ville de la violette. Ce n’est donc pas étonnant que j’ai trouvé cette fleur dans La Maison de la violette grâce à la recommandation de mon hôte Véronica.

La péniche des années 30 située sur le Canal du Midi, a trouvé sa propriétaire, Mme Hélène Vié, en 1998 près de Montauban. Elle a mis deux ans environ à le restaurer et obtenir le permis de l’amarrer à proximité de la gare, sur le Canal inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO qui attire de nombreux touristes.

À l’intérieur de la péniche, tout est violet et conçu autour de la violette ! On y trouve toute une gamme de produits à la violette ou bien au parfum de la violette. Voilà quelques produits à la violette, fleur emblématique de la ville sur Garonne : des bonbons au chocolat, des violettes cristallisées, du miel d’acacia français aromatisé à la violette, des confitures, des liqueurs à la violette, du thé, même du sel, de la moutarde, du vinaigre, des bougies, des senteurs.

Pendant que je regardais et décidais de ce que je devrais apporter en Serbie, une employée m’a apporté du thé à la violette et des bonbons au chocolat. Elle portait un tablier violet, ce qui s’explique par le fait que la propriétaire adore cette couleur.

Sur place, l’idée de faire cette interview est vite naît. C’est la première fois que Mme Vié s’est présentée à un média des Balkans.

« J’aime d’abord la couleur violette et donc toutes les fleurs de couleur violette, peu avant mon adolescence. Puis j’ai aimé la violette et son parfum et j’ai eu envie de collectionner, dès mes 18 ans, tous les documents, cartes postales, livres, parfums sur la violette. À l’age de 24 ans, je me suis installée sur Toulouse, je savais qu’il existait à Toulouse une tradition ancienne de plus d’un siècle sur la violette et sa culture, mais il n’y avait pas beaucoup de violettes et de produits dérivés. J’ai décidé petit à petit de créer autour de la violette pour la mettre à nouveau à la mode. Aujourd’hui la violette est reconnue dans les Journées européennes du patrimoine, cela fait 10 ans que la péniche Maison de la Violette y participe. C’est devenu un site touristique depuis son ouverture en juillet 2000 », m’a-t-elle expliqué le concept.

Mme Vié précise que ses débuts ont été très difficiles car en 1993, on pensait que la violette de Toulouse n’existait plus. De plus, cette fleur avait une image vieillotte, c’est pourquoi on n’a pas compris sa passion.

Cette fleur est cultivée au nord de Toulouse depuis 1850. Des légumiers et des fleuristes produisaient toujours une culture particulière – la violette de Toulouse. Selon la légende, un soldat de l’armée de Napoléon III a apporté la violette à son amour, et par conséquent aux Toulousains.

La violette ne fait pas de graines, il faut la bouturer pour la reproduire. Cette fleur de couleur parme au cœur blanc est très parfumée. La violette ne fleurit qu’en hiver, entre novembre et mars, et a 30 à 40 pétales. Elle est cultivée sous serre et peut servir de remède pour un éventail de maladies.

Six cents familles possédaient des plantations d’environ 20 hectares jusqu’en 1956, quand un hiver particulièrement difficile a détruit les plantes en éliminant la violette de la région. Dans les années 80, il n’y avait que trois producteurs. Aujourd’hui, Hélène possède sa propre serre et coopère avec une quarantaine d’artisans. J’ai appris que tous les produits vendus sur la péniche sont fabriqués en France et que la propriétaire tient beaucoup à l’idée que tout doit être fait-maison.

J’ai demandé à Hélène de me décrire son quotidien et de me présenter ses loisirs :

« Toute ma vie est dédiée à la violette: je m’habille avec toujours au moins un vêtement de couleur violette, je mets des bagues violettes. Je travaille presque chaque jour, je suis en grande partie dans l’atelier de confection des produits que nous présentons sur la péniche. Je passe au moins 2 heures par jour dans mon serre ou je cultive les violettes, et j’accueille à bord de la Maison de la Violette. Je travaille beaucoup car c’est avant tout une passion. J’écris et dessine mes futures créations, j’organise des événements tels que des dîners-violette (de l’entrée au dessert) dans des restaurants. Je voyage aussi beaucoup pour promouvoir la violette de Toulouse et mes créations Le jardin d’Elen. Mes hobbies sont : les voyages, la cuisine, le jardinage, les livres sur la mode et la haute-couture. »

À la fin de notre interview, j’ai demandé à cette dame créative si elle avait jamais visité des pays de l’ex-Yougoslavie et si elle a une devise dans sa vie :

« Il y à 10 ans j’ai eu la chance d’aller en vacances d’été à Dubrovnik et au Monténégro. C’est magnifique, traditionnel. Les fjords du Monténégro sont magiques ! J’y pense souvent. Mes devises sont: Faire ce dont on a envie et Ne pas remettre au lendemain ce que l’on peut faire la veille. »

Texte: Nenad Blagojević www.leshistoiresdelame.com (diffusion autorisée à condition de partager le lien vers le site www.leshistoiresdelame.com )

Photographies: La maison de la violette, Nenad Blagojević

Traduit du serbe par Jovana Milovanović

 

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