Les histoires de l'âme

Elles sont venues dans les Balkans grâce aux CROISSANTS et ont ouvert UNE BOULANGERIE à Belgrade

En me promenant dans le centre-ville de Belgrade, j’ai remarqué une boulangerie hors du commun, La Petite cantine. J’ai appris qu’elle appartient à deux amies du nord de la France, Clemence Digiovanni (25) et Clara Pulja (25). C’est pourquoi elles ont déménagé en Serbie ; elles sont contentes de leur décision de vivre dans un pays où, malheureusement, beaucoup de jeunes veulent partir ailleurs.

Elles se lèvent chaque matin, sauf le dimanche, à 4 heures, et à 4h30 elles sont déjà dans leur cantine, rue Dobračina. Avant 9 heures, l’heure de pointe, elles ont déjà beaucoup de pâtisseries préparées pour les clients qui viennent prendre leur petit déjeuner. Elles ferment vers 22 heures et dorment peu, c’est pourquoi elles se sont excusées par avance d’être fatiguées. Tout de même, elles étaient contentes de prendre un verre de champagne avec moi et parler pour les Histoires de l’âme de leur grand défi professionnel.

« Je suis « née » dans un restaurant où j’ai passé mon enfance, ce qui m’a permis d’avoir une grande expérience dans la restauration ; je dois dire que j’ai beaucoup voyagé, mais je n’ai jamais eu des clients si aimables comme nos clients serbes. Belgrade est une vraie métropole, et les gens qui viennent chez nous sont même prêts à parler en français parce qu’on ne parle pas encore le serbe. Ils nous encouragent et nous soutiennent, ils sont contents de nos pâtisseries » explique Clémence.

« On voulait introduire l’esprit français en Serbie, et on trouve que c’est une réussite. Notre boulangerie est la première de son genre à Belgrade, on souhaite offrir des produits délicieux à la française, mais avec des ingrédients serbes. C’est de la cuisine française traditionnelle réinventée. » continue Clara.

Sur le comptoir, il y a des baguettes, de la quiche de l’est de la France, de la tarte au sucre (garnie de caramel ou de crème pâtissière, très connue au nord de la France, en Belgique et au Québec), de la soupe au poireau, ainsi que des croissants, qui sont leurs best-sellers.

« Les croissants sont tellement à la demande, qu’il arrive souvent qu’on n’en ait plus, parce qu’on prépare tout en petites quantités pour n’avoir que des produits frais. On n’accueille pas que des clients serbes, on accueille aussi des Français qui vivent en Serbie, des Brésiliens, des Néerlandais, des Allemands, et des touristes du monde entier. On compte introduire la livraison à domicile, à l’instar d’un système déjà mis en place en France. »

En ce moment, ces filles travailleuses ne pensent pas aller en vacances. Auparavant, Clémence a vécu en France et en Belgique, alors que Clara a vécu en France et en Bosnie-Herzégovine.

« Je voulais ouvrir un café toute seule et faire des sandwichs et du café, mais j’ai fini par proposer à Clém de le faire ensemble. J’étais sûre que ce serait plus facile à deux. Elle a accepté tout de suite et nous voilà à Belgrade maintenant. » raconte Clara avec un sourire.

« On est amies depuis qu’on avait 11 ans, on est des amies d’enfance, mais à un moment donné, on a perdu tout contact. Quelques années plus tard, on s’est rencontré et on a eu l’idée de devenir entrepreneuses. C’est comme dans un rêve » ajoute Clémence.

Elles avouent que, pour l’instant, elles n’ont pas beaucoup d’amis en Serbie, qu’elles n’ont pas découvert des endroits où elles pourraient sortir dans notre capitale et qu’elles n’ont pas le temps de prendre des cours de serbe. Toutes les deux sont conscientes que c’est difficile au début, mais ce qui est important, c’est qu’elles sont contentes à Belgrade où de nouveaux défis les attendent.

Texte: Nenad Blagojević www.leshistoiresdelame.com (diffusion autorisée à condition de partager le lien vers le site www.leshistoiresdelame.com )

Photographies: Katarina Simović

Traduit du serbe par Jovana Milovanović

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