Les histoires de l'âme

Ils ont voyagé partout dans le monde et ont integré les souvenirs et les goûts DANS LES PLATS d’un restaurant insolite

Un regard a suffi à Paris à la conférence de TV5 Monde en 2005 pour qu’ils tombent amoureux l’un de l’autre. Ils ont commencé une relation amoureuse et l’ont continuée à distance.

Elle a vécu en Serbie, lui en Inde, et ils se rencontraient dans toute l’Europe, le Proche-Orient et l’Afrique, à Rome, Vienne, Paris ou à Dubaï et au Maroc.

Pendant dix ans ils faisaient des voyages dans le monde entier, entre-temps ils ont eu une fille qu’ils ont nommée Anuška (4) et, même parents, ils continuent d’habiter deux continents différents. Marija Veljanovska est à présent à Belgrade, et Sudir Damodran à New Delhi.

Ils se retrouvent presque chaque mois, et depuis janvier 2016. ils partagent le restaurant « Miamiam » à Vračar, commune belgradoise.

« Nous n’avons jamais travaillé dans l’hôtellerie. Je possède une entreprise de média en Inde, et Marija est représentante locale de TV5 Monde pour la Serbie et les pays voisins. Notre homme le plus expérimenté en gastronomie est le chef Đorđe Bulatović », me raconte Sudir.

« Đorđe, ma sœur Gorana et moi côtoyions toutes nos vies. Nous deux sommes restées ici pour étudier, Đorđe s’est inscrit à l’académie de Montpellier, et il a ensuite fait des stages en France, Italie, Grèce, au Danemark. Suite à son retour en Serbie, mes préférences culinaires s’accordaient avec son savoir-faire et nous avons commencé à utiliser nos propres recettes pour préparer des dîners privés. Notre premier public était composé de nos amis qui ont adoré la nourriture. Une amie m’a demandé comment j’avais pu démarrer un business avec mon mari, ma sœur et mon meilleur ami, et moi j’ai répondu : « Et si tout nous réussissait ? Rien ne pourrait plus me satisfaire ! », se rappelle Marija.

En parcourant le monde avec son époux, elle recueillait des souvenirs, mais aussi des odeurs et des goûts. Une fois qu’ils ont trouvé un local, ils ont su qu’ils offriraient des plats de la cuisine d’auteur. Ils ne classent pas la nourriture par caractéristiques géographiques, c’est pourquoi vous n’y trouverez ni la cuisine indienne ni serbe ni française, mais un peu de tout, assaisonnée de manière plus différente que d’habitude.

« Le safran, la cardamome, le cumin et le curcuma, tout est importé directement de l’Inde. Si je viens de l’Inde, les plats dans le restaurant ne sont pas épicés. »

« Les Anglais ont dit « fine casual », et ça décrit très bien notre concept. Je dirai prétentieusement qu’il s’agit de la nourriture haut de gamme, on fait attention à chaque détail, et le menu change en fonction des saisons. Les plats sont authentiques et les recettes originales. C’est, en effet, une continuation de nos vies », a ajouté Marija.

La petite Anuška est voyageuse du monde, à l’image de ses parents.      

« Je voyageais même pendant la grossesse. Nous étions à Hawaï chez le meilleur ami de Sudir, puis en Californie, et enfin chez ma meilleure amie à Toronto. Anuška est allée à New Delhi quatre fois, chez sa grand-mère au sud, elle a couru sous des pluies de mousson sur les plages de Goa. À deux ans elle a vu unesérie indienne et l’a adorée, elle a eu comme un sentiment d’appartenance à cette culture et aux femmes dans les robes avec couleurs fortes. Nous lui apprenons le serbe et l’anglais, et elle fréquente une école de français. »

Pendant que je mangeais un burger au saumon, j’ai demandé à Sudir ce qui lui avait plu le plus en Serbie et quelle était la réaction de sa famille au fait qu’il avait trouvé son amour en Serbie.

« J’aime bien la cordialité et l’hospitalité des Serbes et le fait qu’ils parlent anglais. Je ne savais pas grand-chose sur la Serbie avant, à part qu’en Inde on vous confond souvent avec la Sibérie (rires). Ma famille est très conservatrice et les gens sortent rarement de leur zone de confort, ce que moi, j’avais fait. »

« J’aimais bien le Proche-Orient, mais je n’ai jamais pensé à l’Inde. Et je n’ai pas du tout pensé que j’y retrouverais un partenaire de vie. Les gens qui m’entourent m’ont soutenue, et ont en même temps été surpris, mais, comme toujours dans ma vie, le cœur m’a guidée. J’étais sûre de ma décision depuis le moment même où j’avais vu Sudir », a raconté Marija pour Les histoires de l’âme.

Texte: Nenad Blagojević www.leshistoiresdelame.com (diffusion autorisée à condition de partager le lien vers le site www.leshistoiresdelame.com )

Photographies: Nenad Blagojević, le restaurant « Miamiam 

Traduit du serbe par Igor Ilić

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