Les histoires de l'âme

J’ai gagné DES BILLETS POUR UN SPECTACLE à la Réunion et je suis parti vers cette île lontaine

Avant le spectacle de la compagnie XY, dans la queue devant le théâtre Champ Fleuri à la Réunion où j’avais été invité en tant que journaliste, je me disais que rien n’est impossible dans la vie. Deux mois avant mon voyage en Afrique, je suis allé à Mornar (« Marin »), une taverne belgradoise, prendre un café avec une connaissance qui travaille à l’Ambassade de France en Serbie.

Quand elle a appris pour mon grand voyage, cette Française renommée dans le domaine de la culture m’a répondu: « Un collègue qui m’est très cher est directeur d’un théâtre réunionnais. Une compagnie assez connue aura un spectacle là-bas. Est-ce que vous voulez en écrire un reportage? »

Avec un sourire et de l’enthousiasme présent dans ces moments où on est sûr de se trouver au bon endroit au bon moment, j’étais content d’accepter cette offre. Quelques jours plus tard, j’ai reçu un mail du directeur Pascal Montrouge.

Fondée en 2005 à l’initiative du duo acrobatique formé par Abdel Senhadji et Mahmoud Louertani, la XY est avant tout portée par la dimension collective et l’univers de la portée acrobatique. Il n’est pas encore minuit est le troisième spectacle de La Compagnie XY de Lille. Vingt-deux artistes ont présenté leurs acrobations exceptionnelles et leur danse incroyable. Le public leur a fait une ovation.

Pascal Montrouge et Nenad Blagojević

J’ai rencontré le directeur du théâtre dans son bureau et on a discuté un peu pour les Histoires de l’âme. Depuis huit ans, il est directeur de Champ Fleuri, un théâtre avec 30 comédiens. Il a travaillé partout en Europe comme danseur, chorégraphe et directeur des festivals.

Photo: Christophe Raynaud de Lage

Cet artiste est né à la Réunion, ses ancêtres ayant débarqué sur l’île en 19e siècle.

« Les Réunionnais aiment le théâtre. À Saint Denis, il y a une salle couverte, alors que dans la commune de Saint Paul, il y a un théâtre en plein air. Les modes de consommation de la culture réunionnaise sont adaptées à la consommation populaire. Nos spectacles sont très éclectiques. Parfois, on a à la fois le théâtre contemporain, la musique classique et des artistes réunionnais avec leur musique de toutes les couleurs, mais aussi des compagnies de danse, de la musique reggae, folk, jazz ou traditionnelle. Cette île ressemble à un grand magasin où il y a toujours quelque chose qui vous plaît. Selon les goûts, nous essayons de toucher chaque visiteur. Les programmes sont contemporains, mais Hugo ou Hamlet peuvent y figurer aussi.

Photo: Pascale Béroujon

Notre public est très jeune. À la Réunion, le chômage est un grand problème qui touche jusqu’à 40% de la population, surtout les jeunes de moins de 25 ans dont 60% est sans emploi. L’île n’est pas riche, mais le nombre d’habitants continue à augmenter, passant de 400000 habitant dans les années soixante-dix à 880000 aujourd’hui. Champ Fleuri offre de nombreuses réductions afin de nourrir les habitants de culture et leur permettre d’avoir le plaisir de regarder nos spectacles. »

Ce n’était pas évident d’organiser le spectacle intitulé Il n’est pas encore minuit… à la Réunion. C’est une histoire de confiance et de la riche expérience de M. Montrouge dans le monde de la danse. Ses contacts se tissent depuis des années et font aujourd’hui un vrai réseau.

« C’est complet. Vous l’avez vu hier soir, dimanche, ce sera pareil. On va accueillir plus de 3000 spectateurs », explique M. Pascal, qui vient de saluer le public avant le spectacle.

Bien qu’il soit content, il m’a parlé de l’autre côté de l’histoire. Il m’a dit que c’est dur de garder la même qualité et la même exigence de programmation avec beaucoup moins de moyens, sans pour autant exploiter les artistes et leur dire « descendez les cachets ». C’est leur gaigne-pain.

« C’est paradoxal, il y a le succès, mais aussi le manque de moyens. L’intérêt du public et le désamour des engagements de collectivités. C’est paradoxal, mais on fait avec. »

Pour finir notre conversation, je lui ai demandé s’il avait jamais visité la Serbie.

« Jamais. Je ne connais presque rien des Balkans. En tant que danseur, j’ai raté l’opportunité d’y aller avec ma compagnie. Ce serait intéressant de découvrir cette partie du monde », conclut M. Montrouge.

Texte: Nenad Blagojević www.leshistoiresdelame.com (diffusion autorisée à condition de partager le lien vers le site www.leshistoiresdelame.com )

Photographies: Pascale Béroujon, Christophe Raynaud de Lage, Nenad Blagojević

Traduit du serbe par Jovana Milovanović

MES AVENTURES à L’île de la Réunion

les articles similaires

Est-ce que vous aimez cet article?

Votre e-mail ne sera pas publiée