Les histoires de l'âme

J’ai traversé 2000 km pour visiter LE MEILLEUR bar à vins DU MONDE, et les propriétaires m’ont raconté leur histoire

En me promenant dans le centre-ville de Toulouse le plan dans les mains, je n’ai pas eu de difficulté à trouver « Le meilleur bar à vins du monde » en 2017. Au premier abord ça ne diffère pas des autres 67 bar à vins dans la ville sur la Garonne, mais quand vous voyez bien la carte des vins, vous réalisez pourquoi ce prix prestigieux a été décerné à ce bar, et ceci par les deux meilleurs sommeliers du monde travaillant dans le magazine The World of fine wine.

En 2016 aussi Le N°5 a reçu un certificat – celui du meilleur bar à vins en Europe.

Dans un bâtiment au numéro 5, symboliquement, d’une ruelle portant le nom Rue de la Bourse, les Toulousains, embauchés dans des compagnies étrangères, chez Airbus pour la plupart, et les touristes dégustent les vins six jours par semaine et écoutent les conseils des sommeliers et œnologues les plus renommés.

J’ai trouvé cet endroit caché sur Internet, et j’ai ensuite contacté l’Office de tourisme de Toulouse, puis le propriétaire.

C’est Thomas Cabrol (42) qui a ouvert ce bar avec son épouse Anne, et c’est là qu’il m’a donné rendez-vous. Le vin italien Inzolia sur la table, nous avons écrit une Histoire de l’âme.

Chaque événement important induit en règle générale un changement important dans la vie.

Il est œnologue, elle est infirmière. Il a vendu son entreprise, elle a abandonné son travail, et, réunis, ils se sont consacrés au vin.

« C’était une grande décision. J’étais propriétaire d’une entreprise de dégustation et de formation en vin, qui excellait en France en matière des cours en œnologie, et je l’ai vendue en 2011 à un groupe bordelais. C’est en 2013 que j’ai ouvert ce bar à Toulouse avec mon épouse. Ici, il n’y en a pas beaucoup comme à Paris, Bordeaux ou Lyon. Cette région n’est pas très connue pour ses vins, alors les gens sont curieux de les découvrir. », me raconte Thomas.

Le bar offre plus de 3600 vins et à peu près 500 vins au verre. Dans la cave il y a 25000 bouteilles de plus de 20 pays, mais aussi de vieux vins fameux. Vous pouvez choisir même entre ceux du 19e siècle dont un verre coûte entre 140 et 1000 euros. Parmi les plus chers sont ceux de Bordeaux de 1966 et 1982, qui coûtent jusqu’à 1000 euros le verre.

Thomas Cabrol et Nenad Blagojević

« Spécialité maison », leur vin le plus vieux est Madeira de 1675; une bouteille vaut 45000 euros, et un verre 7000 euros. Ce vin a été à bord d’un bateau qui s’est échoué en Hollande en 1735, quatre heures après l’embarquement. Il y avait 256 voyageurs et membres de l’équipage, et l’épave a été découverte en 1982.

Les dégustations sont beaucoup plus abordables, et les prix vont de 12 à 28 euros. Réservez ICI.

« Les clients viennent découvrir les vins français, mais aussi étrangers – les vins locaux, de Bordeaux, Bourgogne, Champagne, Occitanie, les vins méditerranéens d’Espagne et d’Italie, qui se vendent le mieux, et les vins d’Amérique latine, Australie, du Japon… »

J’ai demandé à Thomas s’ils proposent des vins des Balkans et s’il avait déjà visité la Serbie.

« J’ai visité la Croatie en 2005, mais c’était toujours l’époque de l’après-guerre et on voyait beaucoup de propriétés abandonnées et détruites. Il y a effectivement un excellent vin rouge « plavac » que j’ai dégusté à l’époque, ainsi qu’un blanc « pošip ». Je n’ai pas eu l’occasion de déguster des vins serbes.

Thomas et Anne travaillent cinq jours par semaine et ont dix employés. Ils sont satisfaits et disent qu’au début ce n’était pas facile de trouver des employés qualifiés, mais ils se sont stabilisés maintenant.

« Je suis entré dans le monde du vin à l’âge de 16 ans, c’est au même âge que j’ai commencé à le boire. J’ai acheté un Larousse des vins et je le lisais le week-end. C’est là que la passion est née et je peux dire aujourd’hui que le vin est ma vie, ma vocation, c’est plutôt une détente qu’un travail. », m’a-dit Thomas Cabrol dans sa première interview pour les médias des Balkans.

Texte: Nenad Blagojević www.leshistoiresdelame.com (diffusion autorisée à condition de partager le lien vers le site www.leshistoiresdelame.com )

Photographies: Le N°5 WINE BAR, Nenad Blagojević

Traduit du serbe par Igor Ilić

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