Les histoires de l'âme

L’île où on paye UNE AMENDE SI ON SE BAIGNE dans l’océan

Infirmière, Coralie travaille avec les gens âgés (les gramouns) à la Réunion. Ayant des amis en Serbie et ayant vu de bons commentaires sur moi, c’est elle qui m’a écrit la première par le biais du site Couchsurfing.

Elle m’a attendu à la gare routière de Saint-Paul, puis nous sommes allés en voiture jusqu’au bar le plus proche. J’ai pris une bière, elle des framboises au sirop. Il y avait un groupe qui jouait de la musique, et la plupart des clients étaient français. Quand je dis Français, je veux dire Zoreilles – Français métropolitains ayant déménagé à l’île.

Les Créoles, descendants de plusieurs peuples, étaient dans un autre bar. J’ai demandé pourquoi ils sont partagés et j’ai eu une réponse diplomatique qu’ils n’ont pas les mêmes centres d’intérêt.

Les Zoreilles sont plus légers et préfèrent une musique plus douce, alors que les Créoles sont plus semblables aux Serbes. Ils ne sont pas riches, mais ils aiment acheter des voitures de luxe et écouter de la musique très forte quand ils les conduisent. À la Réunion il y aussi des gens venant de l’Inde, Chine, Mayotte et des îles environnantes.

J’ai été fasciné par la maison en bois spacieuse de Coralie qu’elle a achetée à l’aide d’un prêt immobilier dans le village Plateau Caillou, près de Saint-Paul.

Elle y cultive un potager, plusieurs papayers et possède un poulailler.

On mangeait des fruits et des légumes presque tous les jours, et j’ai adoré en particulier le goût sucré de l’ananas.

Nous avons mis nos chapeaux, elle un chapeau chinois, et moi un chapeau journalistique de Madagascar, et nous nous sommes dirigés vers le marché.

Le gingembre, le fruit de la passion, la mangue, la patate, le fruit à pain paradaient sur les stands avec leurs couleurs. Coralie m’a filmé pendant que j’achetais du litchi.

Après être rentré, nous avons préparé un déjeuner sans viande! Elle a mélangé un peu de tout, et moi, je l’ai aidée à tout éplucher.

Le légume que j’ai goûté pour la première fois était le manioc ; sa racine comestible ressemble au raifort, et son goût est proche des pommes de terre. Cliquez ICI pour voir un petit cours sur les légumes.

Tout est sucré à la Réunion, c’est pourquoi plein de gens ont le diabète. On y utilise la canne à sucre en quantités innombrables au lieu du sucre extrait. Mon taux de sucre sanguin s’est envolé quand j’ai bu de la canne à sucre pressée. Un verre 2 cl coûte 2€50.

Grâce à Coralie j’ai assisté à un concert du fameux groupe réunionnais Tricodpo. Le billet était à 10 euros, et on pouvait voir combien ils sont fous au moment où le chanteur a allumé le barbecue sur scène et a commencé à vendre des saucisses au public.

Au concert il y avait aussi un couchsurfeur de Marseille qui était logé chez une amie de Coralie. Elles sont allées ensemble au théâtre regarder le spectacle du groupe X-Y, et le couchsurfeur et moi sommes allés à un restaurant créole.

Le soir, on a participé à une fête à ciel ouvert, pour voir comment les jeunes passent leur temps.

Le lendemain, Coralie « m’a passé » aux Stojanović. Le rendez-vous était près du fast-food Quick, même lieu où, deux jours plus tard, la famille sportive allait me « reprendre ».

Ils m’ont enchanté en disant que ma chambre donnait sur la plage. La nuit, j’entendais les vagues, le matin, les oiseaux.

Des gens aimables, Séverine, la mère, dont le prénom me rappelait une chanteuse croate (que nous avons écoutée ensemble sur YouTube), et Renaud, le père, dont le prénom me rappelait le célèbre constructeur automobile.

Leur fille est à la puberté et nous n’avons pas trop parlé, alors que leur jeune fils Mahé était très intéressé par mes sites. Quand j’ai mentionné un million de vues sur mon site, il a pensé qu’il s’agissait des euros. Peut-être la prochaine fois que je viendrai, mais merci quand même. C’était un plaisir de faire sa connaissance car il est champion de beach-tennis.

Séverine m’a emmené sur la plage où son fils s’entraîne avec son père. Malheureusement, c’est aussi le lieu où un garçon de voisinage a trouvé la mort.

Élio (13) s’est fait manger par un requin lorsqu’il faisait de la plongée, et on parle toujours de cet incident. Dans la ville on voit même des souvenirs et des graffitis Je suis Élio.

Pendant qu’elle m’expliquait que la baignade était interdite sur toutes les plages en dehors du lagon, j’ai vu surgir quelque chose à l’endroit exact où Élio avait perdu la vie. J’ai pensé que c’était un requin, mais j’ai vite compris que c’était le masque d’un plongeur risquant sa vie.

Séverine et son mari aiment surfer, mais ils ne peuvent plus le faire. Leurs amis ont fermé le magasin d’équipement de surf parce qu’il y avait peu d’achat.

Vous verrez des panneaux baignade interdite sur presque toutes les plages, et on vous avertit des amendes allant jusqu’à 100 euros. Vous ne pouvez même pas entrer à vos propres risques.

Les Seychelles, le Madagascar, l’île Maurice et les autres îles de l’océan Indien ont un problème similaire, mais, d’après ce que j’ai pu entendre, la pêche de requins y est autorisée. À la Réunion, les ONG de défense des animaux et des figures publiques comme Brigitte Bardot réagissent dès qu’on touche aux requins.

J’ai longtemps cherché le billet retour pour Paris car la Réunion est isolée du reste du monde en matière des compagnies aériennes. Il n’y a pas de lien avec les pays arabes – il n’y a pas de vols pour Dubaï ou Abu Dhabi. Les seuls vos directs pour Paris sont ceux de Air Austral, Corsair, Air France et de la première compagnie low-cost réunionnaise (avec laquelle j’ai volé) XL airways. Leur billet aller-retour pour Paris coûte 499 euros, alors que chez les autres le même billet coûte à partir de 700 euros.

Sachez qu’il n’est pas possible de payer le billet par cartes bleues serbes (j’ai une carte Visa, mais je n’ai pas réussi). Une amie des Pays-Bas m’a aidé en m’achetant le billet depuis chez elle, et moi, j’ai écrit deux fois à cette compagnie pour demander une explication, mais je n’ai pas encore reçu de réponse.

À Paris j’ai pris un TGV pour Lille, prêt pour un changement de température de +30 à -1 degré. Quand je suis venu au marché de Noël dans le centre-ville, une pensée m’est passée par la tête : « C’était juste hier que je prenais des glaces, et aujourd’hui je prends du vin chaud. »

Pour lire la première partie de mon article sur cette île, cliquez ICI.

Texte et photographies: Nenad Blagojević www.leshistoiresdelame.com (diffusion autorisée à condition de partager le lien vers le site www.leshistoiresdelame.com )

Traduit du serbe par Igor Ilić

 

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