Les histoires de l'âme

On me disait que cette ville est DANGEREUSE, pourtant, j’y suis allé et j’en suis tombé AMOUREUX

Il ne faut pas se promener là sans un guide touristique. C’est dangereux. Veille à tes affaires et à ton appareil-photo. C’est le Midi. Fais attention! – Ce sont des préjugés sur Marseille qu’on peut trouver sur Internet et que mes copains m’avaient racontés. J’y ai passé 4 jours, je me suis promené, j’ai pris des photos, j’ai visité même les marchés « les plus dangereux », j’ai mangé dans la rue, j’ai pris des cafés dans les bars infâmes du quartier.

Je ne sais pas si c’est moi qui vois la vie en rose ou c’est les autres qui exagèrent, mais je garde de très beaux souvenirs de cette ville.

Marseille est le plus grand port en France, et on peut y rencontrer beaucoup d’habitants d’origine africaine ou arabe qui travaillent dans les domaines de la pêche et du transport, des métiers qui n’attirent pas les Européens. C’est grâce au commerce développé que cette ville cosmopolite retient son esprit authentique.

J’ai eu la chance d’être logé chez deux jeunes Marseillais. Ils parlaient français sans accent. Quand j’ai évoqué l’accent qu’on trouve dans les films pour leur demander pourquoi ils ne prononcent pas le « in » dans le « vin » avec un accent du sud, ils m’ont répondu que je peux trouver ces « perles » dans la rue, chez les Marseillais âgés.

Dès que j’ai quitté la station de métro, j’ai vu un paysage méditerranéen: la grande roue, des bateaux amarrés, des marchands du poisson frais racontant des blagues à haute voix près de leurs stands.

Des gens sont décontractés, mais au tempérament vif, comme nous dans les Balkans, et ils sont toujours prêts à improviser. Lors de ma visite des îles, j’ai pris un bateau où on avait vendu plus de billets qu’il n’y avait de places disponibles et j’ai dû prendre le bateau suivant. Mon aventure jusqu’à l’île du Comte de Monte-Cristo a pris trois heures au lieu d’une demi-heure, mais ça valait le coup.

Chez nous, on a des histoires de chasse, à Marseille, on a des histoires de Marseille. Une des histoires les plus connues, celle d’une sardine qui a bloqué la ville entière, en est un exemple. Des Marseillais âgés sont capables d’exagérer et d’en raconter une version très longue, mais en réalité, il s’agît d’un bateau rempli de sardines qui a bloqué toute la ville pour un moment à cause de lent déchargement.

Le soir, on peut entendre une musique très forte provenant des voitures de luxe, le jour, on peut visiter un marché pittoresque dans un quartier habité dans la plupart par des immigrants d’origine maghrébine.

C’est le Marché des Capucins, c’est-à-dire le Marché de Noailles de Marseille. J’ai passé deux nuits dans un appartement à deux pas du marché. C’était une expérience incroyable.

C’est là qu’un morceau de pizza fait 2 ou 3 euros, ce qui est le déjeuner le moins cher. Les grandes portions me font penser aux Balkans plutôt qu’à la France où tout est petit et minimal. P.S. Attention, vous ne voulez pas vous abimer les dents, la pizza est aux olives avec noyau.

J’imaginais que les prix au sud seraient plus raisonables qu’à Paris, mais Marseille m’a accueilli avec des prix très élevés. Un copain de la Provence m’a expliqué qu’« il faut payer pour profiter du Soleil ». Et il avait raison. Là-bas, le taux de chômage est élevé, mais on fait Marseille-Paris en TGV en quelques heures, il faut donc faire payer les Parisiens qui veulent profiter de la mer.

Le menu du midi, l’heure où les Français sortent du travail pour profiter de la vie, coûte entre 15 et 22 euros. À Nantes, la même formule était jusqu’à 6 euros moins chère. Florian, un de mes amis, m’a amené à Sur le pouce, un petit resto tunisien où on a mangé tous les deux pour 20 euros.

Si on souhaite goûter la bouillabaisse traditionnelle, il faut payer même 50 euros pour le plat authentique! On peut la trouver à 15 euros aussi, mais ce n’est pas la même chose. C’est une soupe à base de poisson avec des fruits de mer, des tomates, du céleri, des pommes de terre, des oignons et de l’ail, du basilic, du thym…

Vu que je fêtais mon anniversaire à Marseille, j’ai invité mes amis à prendre un verre dans un bar, j’ai payé 37 euros pour 3 demi-pintes et 3 pintes. Ce n’est pas tous les jours qu’on fête son anniversaire! Comme dans une taverne serbe, les Français ont continué à payer l’addition sans régler chacun pour soi. Le bar fermait à 2 heures, mais on est resté plus longtemps grâce aux serveurs qui étaient contents de voir des clients dépenser leur argent.

Le star de la soirée que j’ai passée avec Thomas et Ryme (mes hôtesétait Eddie, un Anglais venu à Marseille avec le but de rendre la ville plus propre. Il est le créateur du site 1 Déchet par jour qui vise à propager des idées écolos et l’importance de protéger l’environnement dans cette ville.

Il est tombé sous le charme du port de Marseille. Il a appris le français et maintenant, il donne des cours d’anglais aux Marseillais le jour et il fait la fête le soir. Ryme m’a expliqué qu’il est devenu célèbre et qu’il a déjà donné de nombreuses interviews. Quand je partais, il m’a offert un T-shirt et un sac écolo avec le nom de son site.

P.S. Pour lire la seconde partie de cet article cliquez ICI.

Texte et photographies: Nenad Blagojević www.leshistoiresdelame.com (diffusion autorisée à condition de partager le lien vers le site www.leshistoiresdelame.com )

Traduit du serbe par Jovana Milovanović

 

 

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