Les histoires de l'âme

Un petit VILLAGE EN FRANCE devenu célèbre grâce aux CUIVRES DES BALKANS

Chaque printemps en avril, Seissan, un village au sud-ouest de France qui compte 1000 habitants environ, devient la capitale de la musique des Balkans. Tous ceux qui apprécient les mélodies des cuivres de Serbie, Roumanie, Bulgarie, Italie, et d’autres pays où existe la musique tzigane, viennent dans ce village à « la fête des Balkans ».

Cette année, de 27 à 29 avril, la 11e édition du festival « Welcome in Tziganie » va accueillir l’orchestre serbe dirigé par Saša Krstić, triple lauréat du Festival des cuivres à Guča (Serbie), ainsi que des artistes indiens, hongrois, roumains et russes.

Photo: Ian Grandjean

Sur Internet, j’ai rencontré Florian Calvez (30), un jeune français venu à Belgrade dans le cadre de l’organisation du festival.

Il est né à Montmorency, en région parisienne, d’un père Breton et d’une mère Girondine. Il habite dans le Gers, dans le sud-ouest de la France, dans la bourgade de Mirande la Jolie.

Florian est régisseur de spectacle : il accompagne notamment des artistes en tournée et s’occupe des aspects organisationnels.

Il a eu l’idée d’organiser ce festival en 2007, dans le cadre de ses études de tourisme (BTS animation et gestion touristique locale). Il fallait créer un événement pour dynamiser un territoire rural.

Florian Calvez, Bako Jovanović et Stochelo Rosenberg

Ce grand amateur de la musique tzigane et trompettiste avait remarqué qu’il n’y avait pas de tels évènements dans sa région. Par conséquant, il a décidé d’organiser « Welcome in Tziganie ».

Avec sa soeur Isabelle, Yannis Constans, un ami proche, et lui-même ont créé l’association « L’air des Balkans ». Ils organisent des manifestations diverses pour mettre en lumière les musiques et cultures tziganes et balkaniques : expositions, projections, soirées concerts, conférences, ainsi que le festival « Welcome in Tziganie » qui constitue le temps fort de l’association. Leur souhait est de faire découvrir les différentes facettes de ces cultures, créer un lien social et mettre en place une dynamique locale. Ils accueillent au sein du village culturel des artisans, éditeurs, écrivains, représentants des associations, artistes.

« L’idée, c’est de montrer la diversité de la musique balkanique et la musique tzigane, de la musique traditionnelle jusqu’à la musique contemporaine. », explique Florian.

En tant que trompettiste, Florian a eu la chance d’apprendre aux côtés d’un grand tubiste français, Max Fouga. Il a joué pendant plus de 10 ans dans un orchestre philharmonique et en banda, les fanfares traditionnelles du sud-ouest de la France.

Il a visité la Serbie pour la première fois en 2008, quand il est venu avec sa sœur au Festival des cuivres à Guča. Depuis, il y est revenu à plusieurs reprises.

Un des souvenirs marquants à leur arrivée : se retrouver à une table serbe avec Boban Marković et Željko Obradović, pour une soirée haute en couleurs.

Avec Saša Krstić et son orchestre

« Parmi mes meilleurs souvenirs, je pense également à la découverte du petit village de Lipolist, à proximité de Šabac, où se tient chaque année le festival des roses, ainsi qu’une soirée toute particulière au restaurant culte Tri Šesira à Skadarlija (Belgrade). Plusieurs mariages inoubliables aussi : un à Šabac, dans un restaurant avec un très bon orchestre et des kolos à gogo, un autre dans un village rom proche de Vranje, Pavlovac, avec Ekrem Mamutović Orchestre .qui a joué pendant 12 heures d’affilées Dans le même secteur, j’ai également beaucoup apprécié la découverte du lac de Vlasina, avec son île flottante au milieu sur laquelle je me suis promené. »

Quand il pense à la Serbie, il pense à la rakija, au kolo, aux fêtes de mariage et aux trompettistes. À part Belgrade, la capitale dynamique où il adore se promener sur les bergers de la Save et du Danube, Florian apprécie les petits villages qui lui offrent la quiétude de la ruralité profonde.

Également, il aime bien les « ethno-selo », petits villages traditionnels d’époque, l’artisanat et une bonne table dans une kafana accompagnée de musiciens.

En ce qui concerne la nourriture, il préfère le rôti, l’aïvar (pâte à base des poivrons rouges), du fromage panné, le bourek (plat à base de la pâte feuilletée, garni de fromage), la bajadera (gâteau aux noix et chocolat), les choux farcis et le goulache.

« Ce sont des musiques très festives et très profondes à la fois qui me touchent particulièrement. Je ne résiste pas à la puissance déconcertante des cuivres et fanfares balkaniques dont la sensibilité et virtuosité me propulsent dans un état proche de la transe, notamment lors du Festival de Guča, lorsque les fanfares jouent autour des tables dans les kafanas. Et en tant que trompettiste, je suis stupéfait des techniques et ornementations surhumaines des trompettistes tziganes qui ont vraiment un style inimitable. »

Saša Krstić et Florian Calvez

Il vient régulièrement au Festival des cuivres à Guča, un de ses festivals préférés.

– Le concours réunit chaque année les plus grands trompettistes de Serbie, et l’ambiance en ville et dans les kafanas est tout simplement délirante, sans oublier le très bon accueil des locaux, avec qui nous avons tissé des liens d’amitié au fil des années. Je recommande d’ailleurs tout particulièrement le Panorama Camp Guča, ou j’ai vécu des moments inoubliables avec mes amis Andrija et Ilija Broćić: très belle vue et bon accueil 100% garantis !

Florian s’est rencontré avec Esma Redžepova

Je lui demande si Seissan serait connu sans les cuivres des Balkans.

« Seissan est une petite bourgade, située dans le département du Gers, à moins de 100 km de Toulouse. Le festival a contribué à faire découvrir ce village au-delà du département, et accueille désormais plus de 7000 festivaliers chaque année. Le cadre champêtre et rural de Seissan est très apprécié des festivaliers et des artistes ; le dépaysement est assuré à 100% et le Théâtre de Verdure dans lequel se déroulent les concerts est atypique et correspond très bien à l’état d’esprit d’ouverture et de nomadisme. Chaque année, il y a même des festivaliers qui prolongent leur séjour dans le Gers après le festival, pour se ressourcer, ou bien d’autres qui y reviennent plus tard dans l’année pour passer leurs vacances.»

« Welcome in Tziganie » est devenu l’événement de référence en musique des Balkans en France. Le fait que s’y produisent des artistes des Balkans en date unique française, artistes que l’on ne peut voir nulle part ailleurs (tels que Mostar Sevdah Réunion, Bako Jovanović ou encore Saša Krstić Orkestar en 2018) et des têtes d’affiche (Goran Bregović en 2017, Shantel & Bucovina Club Orkestar en 2018).

Les festivaliers apprécient beaucoup le camping Domaine Lacs de Gascogne ***  ou ils peuvent dormir gratuitement tout au long du week-end.

Tout au long de l’année, il y a une quinzaine de membres actifs, bénévoles et durant le festival, 200 bénévoles qui les rejoignent

Florian est ravi que le festival puisse désormais accueillir les plus grands artistes des Balkans, mais aussi servir de tremplin à de jeunes prodiges, notamment roms, qui n’ont que peu accès aux scènes conventionnelles.

« Le festival offre un espace d’ouverture sur ces cultures assez méconnues en France, et nous sommes ravis que cela permette de tisser des liens entre les cultures, et faire tomber certains préjugés. »

Florian m’a dit que les Serbes de France qui aiment les musiques des Balkans connaissent pour la plupart le festival. Chaque année ce festival reçoit des demandes d’artistes roms de Serbie et des pays d’Ex-Yougoslavie souhaitant se produire au festival.

POUR ACHETER LES BILLETS CLIQUEZ ICI 

Texte: Nenad Blagojević www.leshistoiresdelame.com (diffusion autorisée à condition de partager le lien vers le site www.leshistoiresdelame.com)

Photographies: Florian Calvez, Ian Grandjean

Traduit en partie par Jovana Milovanović

les articles similaires

Est-ce que vous aimez cet article?

Votre e-mail ne sera pas publiée