Les histoires de l'âme

Une aventure NANTAISE: D’abord accueilli dans une famille avec un bébé et ensuite chez un couple qui aime LA VIE NOCTURNE

Des slogans comme « Des roses pour eux, des épines pour nous » et « Retirez la Loi Travail » criés par des centaines ont été ma première impression sur Nantes. Je suis arrivé à l’ouest de la France en train en provenance de Bordeaux, après cinq heures et demie de voyage, retard causé par un accident quand une femme s’est suicidée sur les rails.

J’ai bu un café au soleil, les étudiants se promenaient ou s’asseyaient sur le gazon à côté du château, et Nantes a tout de suite justifié le titre d’une grande ville estudiantine.

Partout il y avait des cafés et des restaurants aux noms bizarres : Au chien stupide, Le nez grillé, Au chien rouge, la crêperie La coquille d’œuf

Après Bordeaux, ville très touristique et luxueuse, à Nantes je me sentais un peu plus agréable. Les gens étaient plus aimables et, à la différence de leurs collègues bordelais qui m’ont envoyé par mail une réponse « copiée-collée », à l’Office de tourisme de Nantes j’ai reçu une carte qui m’a permis d’entrer dans les musées et d’utiliser le transport en commun gratuitement. Des professionnels remarquables !

La première famille, un formidable jeune couple marié, Sophie et Yoann et leur fille Jeanne, m’a préparé une spécialité pour le dîner – les crêpes ! Comme dessert on avait des yaourts aux fruits.

Alors que dans les Balkans on ne fait que parler de la « haute » politique, mes nouveaux amis m’ont raconté que le thème principal à Nantes était la construction du deuxième aéroport et qu’il y aurait un référendum local sur cette question (J’ai visité Nantes en 2016 et je ne sais pas ce qui s’est passé depuis.).

J’ai visité le Château des ducs de Bretagne et le Musée d’histoire de Nantes.

L’histoire de l’esclavagisme et des esclaves est racontée de manière ininterrompue, brutale et juste, et non pas à mots couverts comme à Bordeaux.

J’ai vu les menottes qu’on utilisait pour attacher des esclaves, l’outillage pour travailler dans la canne à sucre, mais aussi un livret nommé Le code noir qui contient 60 articles. Pour faciliter l’usage, on l’imprimait en format poche.

La première édition de 1685 prescrit le droit au repos aux esclaves le dimanche et pendant les jours fériés, le droit au mariage, le droit à l’enterrement dans le cimetière et le droit à l’éducation. Elle déclare aussi que l’enfant naturel d’une esclave est forcément esclave.

J’ai lu que les maîtres étaient obligés de donner hebdomadairement deux kilos et demi de farine de manioc (article 22), deux kilos de veau salé et trois kilos de poisson, ainsi que deux habits de toile une fois par an (article 25). Le Code prescrivait également les châtiments corporels et le marquage au fer.

Tout esclave arrivant sur l’île était converti à la religion catholique.

Après cette histoire terrifiante, j’ai visité une exposition sur les victimes d’une petite île africaine inhabitée Tromelin.

C’est sur cette île dans l’océan Indien qu’un bateau négrier s’est échoué en 1761 ; les hommes de l’équipage ont fait un radeau à partir de la carcasse du bateau et sont partis pour Madagascar en promettant aux 60 esclaves restés sur l’île qu’ils les sauveraient. Malheureusement, la plupart d’entre eux sont morts dans les premiers mois à venir.

Quinze ans plus tard, le capitaine Tromelin sauvera les sept femmes et un bébé qui ont survécu.

De 1814 l’île est sous la direction de l’île de la Réunion, et elle est revendiquée par Maurice. Aujourd’hui, elle est maison à une équipe de météorologues qui surveillent les cyclones.

Le plus souvent je prenais le petit-déjeuner avec mes hôtes, et déjeunais au restaurant. Mon habitude serbe de déjeuner à 15 heures posait problème pour trouver un restaurant où l’on peut manger à n’importe quelle heure.

C’est votre faute si vous n’avez pas mangé avant 14h30 car les serveurs ne servent pas jusqu’au dîner. Le premier jour je suis resté l’estomac vide, mais le jour suivant je suis « devenu » Français et j’ai déjeuné à 13h.

À part les bonbons secs colorés, j’ai découvert que c’est en 1886 que Louis Lefèvre-Utile, inspiré par des biscuits anglais, a inventé Le petit beurre. Chaque biscuit possède 24 poinçons !

Je me suis salué avec les hôtes et suis parti chez Katia, masseuse, et Max, barman. C’est avec eux que j’ai connu la vie nocturne, buvais des cafés dans des bars sur l’autre rive de la Loire, ai visité le marché aux poissons et ai découvert quel était le sport le plus populaire en France.

À Nantes, on s’organise pour regarder le rugby dans les cafés, avec de la bière ou du vin et des snacks.

J’ai senti un mode de vie complètement différent dans l’appartement de ce couple intéressant et j’ai photographié le chef-d’œuvre de Kati – portemanteau des talons de vieilles chaussures.

J’ai visité le musée de célèbre Jules Verne, né à Nantes, et de son héros capitaine Nemo du roman Vingt mille lieues sous les mers.

J’ai pris un voyage en Grand Éléphant qui fait partie du projet artistique Les Machines de l’île et, le cœur serré, je suis parti à Genève par avion en me promettant que je reviendrais dans cette ville sur la Loire. L’article sur Machines de l’île trouvez ICI

Texte et photographies: Nenad Blagojević www.leshistoiresdelame.com (diffusion autorisée à condition de partager le lien vers le site www.leshistoiresdelame.com )

Traduit du serbe par Igor Ilić

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